Personne ne comprend vraiment que je sois encore autant dans mon deuil d’Olivier. Je ressasse. Je ressasse. 4 années de mensonges… qu’est ce qui, pour finir était vrai ? M’a-t-il seulement aimé ? m’a-t-il seulement respecté une seconde ? Et moi ? Je n’ai vécu que par lui, que pour lui en rêvant être une muse, une bienveillante compagne, un catalyseur de talent….
Pauvre cloche !
Alors je me retrouve avec des questions existentielles (les mêmes qu’avant mais en pire).
Quel sens a ma vie ? qu’est ce que j’ai envie d’en faire ?
Qu’est ce que je fous là ? là, maintenant devant mon PC et mes collègues alors que je rêve d’être dans mon lit, au calme, malade pendant 3 mois et qu’on me foute la PAIX.
Rien ne m’intéresse. Je ne fais rien non plus. Je n’ai pas de projet… juste des idées quand je suis dans mon lit et que je me dis qu’il serait bien de faire ceci ou cela… et que je ne fais pas.
Je rêve de ne rien faire, de chipoter, de moi aussi émarger du CPAS et qu’on m’offre des places d’opéra à 1,5€ et des cours de peintures pour que j’aille mieux gratos….
En société, j’essaie de faire bonne figure mais ça ne marche pas devant tout le monde. Hier, j’étais chez des amis et j’ai bien perçu que l’un d’eux (psychologue bienveillant) me regardait « bizarre » et j’étais mal à l’aise. J’avais envie de pleurer….
Voilà donc, état de grosse déprime avec attirance pour la Meuse et contradictoirement, réveil en pleine nuit en disant « je veux pas mourir ».
Avec ma psy, je n’arrive plus à avancer mais je ne sais pas comment rompre le « contrat ».
Alors, je regarde des photos de jolis garçons car en plus, ça me manque le contact, la peau, l’odeur, les mains dans les cheveux, les mots doux sincères, les baisers qui donnent des frissons, le sexe…. Tout ça quoi…. Et dans la rue, je vois des grosses moches attifées à la dernière mode avec un accent affreux, et elles, elles sont accompagnées, elles sourient … et même si j’ai 15 kgs en trop, non je me dis que je vaux mieux que ça…alors pourquoi moi je suis seule…
Paradoxalement, J’aime la solitude car je ne veux pas me coltiner un débile pour le fait d’être avec qqn… et je suis de nature indépendante … et puis de toute façon, je suis toujours dans l’incompréhension de ce qui vient de m’arriver.
Même si ça ne vient pas de m’arriver. C’était il y a longtemps.
Le 9 avril (moi qui ne retient jamais les dates pourtant), c’était mon dernier jour chez mon ancien employeur et j’ai quitté à 15h30. J’ai été me promener mélancolique le long de la Meuse en me disant « c’est fini » et là, j’ai appelé mon amoureux….et là, il n’était pas libre… et là, j’ai décidé d’aller boire un vrai thé à la menthe dans un café du centre … et là je l’ai croisé : il était au téléphone et très nerveux… et il m’a demandé de l’attendre à la maison. J’allais le faire et puis je me suis dis « c’est bizarre ». j’ai attendu. Je l’ai vu avec une jeune femme belle, mince, souriante.
Ils crevaient l’écran. Je les ai suivit. Elle lui a donné 3 -4 petits bisous à l’arrêt de bus. Je suis rentrée à la maison. J’ai hurlé.
Je n’ai jamais autant souffert.
Quand il est revenu à la maison, il m’a dit avoir eu « une journée de merde ». Il avait soi-disant vu son patron et ils avaient discuté ensemble.
A la question « es-tu sûr de n’avoir vu personne d’autres après ? », la réponse fut NON. Et moi de continuer, de dire qu’il pouvait me le dire, que je pardonnerais s’il le disait. Il s’est énervé et quand je lui ai dit que « non, personne ne m’avait informé (comme si j’avais des détectives à ma solde) mais que mes yeux avaient vu ce qu’ils avaient vu », il a dit qu’il était perdu, qu’il avait besoin d’une bulle d’oxygène….et moi j’ai pardonné… et après je suis partie en vacances une semaine. Quand je suis revenue, la maison n’était pas « sale », il avait soit disant passé une semaine à réfléchir assis en tailleur sur la table du salon. J’ai retrouvé plus tard des tickets de train dans sa veste ,etc… il a menti sur ce point aussi « comment ses tickets sont-ils arrivés là ? je ne comprend pas » « je n’ai prêté ma veste à personne pourtant »… puis il a inventé avoir été avec un copain (quel copain ? je n’en ai pas vu pendant 4 ans !) à Bruxelles. J’ai fermé les yeux.
Ensuite, il s’est senti « comme à l’hôtel » à la maison… (je rappelle que deux semaines avant il voulait acheter une maison à deux)…. Il a alors trouvé un appartement. Il a déménagé.
J’ai déménagé. J’ai tout nettoyé moi-même. Quand le peintre est venu tout refaire dans l’appart chez moi, il ne m’a pas proposé une seule fois de dormir chez lui. Le peintre après coup, m’a dit « ce n’est pas vrai, tu dormais là dedans ? ».
Mais dans le discours d’olivier, j’étais encore sa compagne, sauf qu’il ne savait pas définir le mot…
Il m’a encore fait 2 3 rdv raté, un anniversaire nul (voyage surprise annulé remplacé par un petit déjeuner dans un bar minable alors qu’on a un « pain quotidien » à 500 mètres).
Et puis, le mail de rupture le 26 septembre …
Voilà mon histoire, celle que je ressasse, celle qui me fait mal… celle que je ne suis pas prête d’oublier. Celle qui fera sans doute que je ne veux plus rencontrer personne et surtout pas faire confiance alors que pourtant j’en rêve….
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